Discours

Discours de Madame Annick Girardin lors de l'ouverture des Assises de la pêche et des produits de la mer

Publié le 18/11/2021

Jeudi 18 novembre 2021
Saint-Pol-de-Léon – Roscoff

Monsieur le Préfet,

Monsieur le Président du Conseil Régional, cher Loïg,

Monsieur le Président du Conseil Général, cher Maël,

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs les élus,

Monsieur le Président du comité national des pêches et des élevages marins, cher Gérard,

Messieurs les Présidents des comités des pêches, et je salue particulièrement les locaux de l’étape cher Olivier, cher Yannick,

Monsieur le directeur des pêches, cher Eric,

Mesdames et messieurs,

Je suis très heureuse de participer enfin, à ces Assises de la pêche et des produits de la mer.

Vous connaissez mon attachement à la pêche, je l’ai dans mon ADN, comme toute fille de pêcheurs.

Et même si je ne suis pas que ministre de la pêche, j’ai consacré la moitié de mes déplacements sur le terrain à ce sujet.

Ces Assises sont l’occasion de faire le bilan de l’action du ministère de la Mer, et de vous donner ma vision de la pêche pour le futur.

Avant d’y parvenir je veux redire notre objectif. Notre objectif, c’est le développement d’une pêche durable et compétitive : une pêche qui préserve l’environnement et l’équilibre des écosystèmes marins tout en assurant des captures suffisantes afin de garantir aux pêcheurs un revenu suffisant. Une pêche qui contribue à la souveraineté alimentaire. Une flotte renouvelée, avec des navires plus sûrs, plus sobres et plus propres tout en étant plus performants.

 

Bilan

 

Depuis mon arrivée, nous avons affronté deux crises majeures : la pandémie de la Covid-19 et le Brexit.

La crise sanitaire a largement perturbé l’activité économique du secteur. Mais vous vous y êtes adaptés avec le soutien de l'Etat qui a mis en place un ensemble de dispositifs d’accompagnements :

  • l'activité partielle ;
  • les prêts garantis ;
  • les prêts participatifs et le fonds de solidarité.

En complément, j’ai souhaité et c’est unique au regard des autres secteurs économiques, redéployer 52 millions d’euros du FEAMP.

Ceci s’est fait évidemment avec le concours des régions, que je remercie, et je salue le Président du Conseil régional de Bretagne désormais pilote du FEAMPA.

Nous avons ainsi financé des aides aux arrêts temporaires, indemnisé les pertes de chiffre d’affaires, dans l’hexagone et en Outre-mer.

 

L’État a donc été au rendez-vous, même si je regrette le retard lié au paiement de certaines aides. Sur ce point j’ai demandé un assouplissement des procédures afin que les choses aillent tout simplement plus vite ! Pour les dossiers litigieux, certains d’entre vous m’ont proposé une Commission des litiges, on n’a plus de temps à perdre, j’invite les professionnels à saisir mes équipes pour trouver une solution rapidement. Et s’il faut, j’arbitrerai moi-même.

 

La filière a également bénéficié d’aides aux investissements dans le cadre du plan de relance voulu par le Président de la République.

Dans un premier temps, 50 millions d’euros ont étés dédiés aux secteurs de la pêche et de l'aquaculture. Rappelez-vous, nous l’avions arraché dès mon arrivée.

Le dispositif a été un succès immédiat, grâce à votre dynamisme et à votre esprit d’entrepreneur, cette somme s’est donc rapidement avérée insuffisante.

Le Président de la République lui aussi estimé que le secteur nécessitait une enveloppe supplémentaire pour se relancer et poursuivre ses transformations; Il a décidé d’annoncer à Nice lors des assises de l’économie maritime le doublement de cette enveloppe (50 millions supplémentaires).

Ces crédits financeront entre autre des investissements sur les criées, sur les halles à marée, notamment dans le Finistère en Cornouaille, ainsi que des appels à projet pour les grandes entreprises ou certains pêcheurs artisans.

 

Une chose est sure : l’accompagnement financier des entreprises mis en place dans le cadre de cette crise a été considérable, y compris pour la pêche, et continue à se mettre en place pour vous protéger contre la deuxième crise qui a marqué l’année 2021 : le Brexit.

 

Seconde crise majeure, le Brexit.

Vous le savez, je me suis battue aux côtés du président de la République pour éviter le « no deal », car le « no deal », c’était aller purement et simplement la fin des accès des pêcheurs français et européens dans les eaux britanniques. Cette politique communautaire, même si elle est perfectible, il faut la défendre.

Nous avons obtenu un compromis raisonnable, même si je savais que la mise en œuvre de l’Accord serait tout aussi difficile que sa négociation.

J’ai toujours été très claire avec vous sur ce point.

Avec le Brexit, nous sommes entrés dans un monde nouveau, difficile et incertain, dans lequel nous devons désormais vivre.

Vous me connaissez, je ne recule pas face à l’adversité.

Cela fait plus de 11 mois que je travaille sans relâche avec mes équipes et les organisations professionnelles sur l’accompagnement de cet accord de Brexit.

Nous avons transmis à la Commission des milliers de données pour prouver le bon droit des pêcheurs. Mon collègue Clément Beaune s’est aussi fortement investi, à mes côtés,  pour vous défendre.

La Commission européenne le sait, elle nous soutient. Elle a été claire avec le Royaume Uni, Jersey et Guernesey sur les éléments fournis qui ont permis d’obtenir des résultats.

Ces efforts collectifs ont bien permis de faire progresser notre cause, je pense notamment à l’obtention immédiate des 739 licences en ZEE, même si nous n’avons pas encore obtenu tous les résultats escomptés.

À Guernesey, qui a toujours été un partenaire fiable, nous devrions obtenir plus d’une quarantaine de licences définitives d’ici le début du mois de décembre. C’est un très bon résultat collectif, et nous pouvons nous en féliciter.

Dans les 6-12 milles, zone dans laquelle les britanniques voulaient nous exclure, nous avons à ce stade obtenu 104 licences définitives. Ce résultat n’est pas encore satisfaisant, je l’admets. Il nous en manque encore 54 licences, dont 40 pour les navires remplaçants, que nous avons identifié ensemble.

Sur ce sujet majeur,  Il nous reste à définir une méthodologie commune avec le Royaume-Uni. Je peux vous assurer que je mets un maximum de pression sur la Commission et sur les britanniques pour avancer sur ce point, même si je peux vous dire que c’est le sujet le plus sensible chez nous comme chez les britanniques.

À​​​​​​​ Jersey, nous avons à ce stade obtenu 116 licences définitives. Nous demandons la pérennisation des 46 licences provisoires. Et nous continuons à nous battre pour les 13 licences que nous considérons comme prioritaires, privant ces pêcheurs d’un accès aux eaux de Jersey.

Cela illustre une volonté limiter de coopérer avec la France, dans les contraintes d’un Accord, c’est vrai, très formel dans les procédures qu’il contient, bien plus que ne l’étaient les Accords de la baie de Granville.

Alors que faire ? J’ai préparé et annoncé des mesures de contrôles renforcés pour faire pression afin d’obtenir les licences manquantes. J’ai demandé à mes services, et notamment au centre national de surveillance des pêches, de renforcer fortement les contrôles sur les navires britanniques. Ceux-ci sont en cours actuellement.

Je n’irai pas plus loin à ce stade, car nous avons souhaité donner davantage de temps à la négociation menée par la Commission européenne.

Mais je suis d’accord avec ce que vous avez pu me dire, plus encore qu’obtenir la totalité des licences, c’est d’une visibilité dont vous avez besoin.

Je vais donc être franche avec vous, il nous faut nous préparer à ne pas obtenir tout ce que nous attendions. Et ce n’est parce qu’on anticipe que l’on renonce.

Sans préjuger des suites de la négociation, j’ai demandé à la DPMA de me proposer, en relation avec les professionnels, une estimation des plans de sortie de flotte que je pourrais financer.

En toute transparence, je peux vous dire que nous aurons une enveloppe d’au moins 40 millions d’euros pour les financer.

Je rappelle que nous pourrons également financer, indépendamment du Brexit, les flottilles touchées par la diminution des ressources, je pense notamment à certains caseyeurs finistériens qui ciblent le tourteau.

Je sais combien ce sera un crève-cœur pour ceux qui devront prendre cette décision, car plus qu’un métier, être pêcheur c’est un projet de vie, une histoire de famille, une histoire de ports, de littoraux français.

Le ministère ne forcera aucun navire à sortir, la démarche est volontaire, au cas par cas, pour les navires qui seront éligibles au dispositif.

***

Au-delà ces deux crises, je vous rappelle qu’il y a la négociation des TAC et quotas à très court terme et les négociations en cours à l’Organisation mondiale du commerce.

Concernant les négociations des TAC et quotas avec le Royaume-Uni, elles seront décisives pour 2022, comme elles le sont chaque année.

Mon objectif est clair et simple : préserver les intérêts français dans cette négociation face à un partenaire qui n'hésite pas à remettre en cause nos acquis.

Plusieurs stocks sont importants pour la France, je pense en particulier aux stocks de mer Celtique, au bar et aux raies.

Je n'oublie pas non plus les stocks non partagés avec le Royaume-Uni, dans le golfe de Gascogne et en Méditerranée.

Dans le Golfe de Gascogne, le principal enjeu cette année porte sur la sole. Je sais que cette question particulièrement sensible et j’ai mis en place un groupe de travail pour  définir ensemble de mesures de protection du stock. Mon objectif est de limiter la baisse des quotas à venir.

S'agissant du bar, la perspective est plus favorable, grâce à vos efforts, l'avis du CIEM confirmant le bon état du stock.

En Méditerranée, une nouvelle négociation très difficile nous attend. L’année dernière, je me suis battue avec l’Espagne et le Portugal pour limiter la baisse des quotas d’effort de pêche. J’ai obtenu une baisse modérée de 7,5 %, c’était inespéré compte tenu de l’attitude de départ très fermée de la Commission.

Cette année, ma position n’a pas changé : nous devons poursuivre l'application du plan de gestion visant une baisse de 40 % de l’effort de pêche d’ici à 2025. C’est notre ambition, nous voulons faire de la Méditerranée une mer exemplaire.

Mais pas sans donner de la cohérence à cette baisse de 40 %, elle doit se faire très progressivement, dans le respect des équilibres socio-économiques. 

Les professionnels ont déjà fait des efforts importants en 2021, notamment sur les fermetures spatio-temporelles.

Ces efforts portent déjà leur fruit, notamment sur le merlu, les avis de l’Ifremer le montrent. Je m’appuierai sur ces efforts pour défendre la pêche en Méditerranée.

Je sais néanmoins que quelques chalutiers ne pourront pas supporter la baisse des quotas. Là aussi, je souhaite mettre en place les plans de sortie de flotte, sur la base du volontariat, pour les quelques chalutiers qui se porteront candidats.

 

Concernant l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) :

L’enjeu consiste à concrétiser l'Objectif de développement durable 14 (ODD 14) visant à l’interdiction des subventions qui contribuent à la surpêche.  Avec un prix aujourd’hui à plus de 60 centimes le litre, qui a doublé en un an, je sais que le coût du carburant est déterminant dans la rentabilité des marées.

C'est pourquoi je serai intransigeante sur cet aspect de la négociation, et je défendrai notre modèle fiscal dans le secteur de la pêche française. Nous ne sommes pas seuls, nos amis espagnols sont également sur cette ligne.

 

Je n’oublie pas non plus les Outre-Mer.

Je souhaiterais vous dire quelques mots du plan chlordécone IV pour les pêcheurs aux Antilles. Ce plan, couvrant la période 2021 à 2027, a un budget global à la hauteur des attentes : 92 millions d’euros, soit le double du plan précédent.

Les pêcheurs antillais sont fortement impactés par cette pollution. Le nouveau plan prévoit des mesures spécifiques en leur faveur, et notamment un traitement de la dette sociale pour les aider à mieux accéder au FEAMP.

Mais si nous pouvons cadencer le changement et accompagner la transformation,  nous devons affronter ensemble les nouvelles réalités environnementales, économiques et sociales du secteur. Regardons vers l’avenir.

Nous pouvons ensemble faire de ces crises des opportunités pour faire évoluer la pêche française.

Je pense ainsi que des réformes structurelles doivent être engagées.

Je pense que la création d’une organisation interprofessionnelle bien structurée est un impératif pour mieux vous armer contre les crises, mieux vous adapter et vous transformer.

Ainsi, en lien avec le ministère de l’Agriculture, j’ai lancé une mission pour examiner les possibilités d’évolution de la filière. J’en profite pour remercier José Jouneau et Olivier le Nezet, qui m’ont transmis au nom de Loire Océan et Breizhmer, leurs réflexions sur ce sujet. Toutes les organisations professionnelles seront consultées sur ce sujet.

Autre enjeu d’avenir pour nous tous, c’est le développement de l’aquaculture.

La pêche participe à la souveraineté alimentaire, mais les quantités pêchées ne sont pas suffisantes pour nourrir les consommateurs. Je ne vous apprends rien.

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, je souhaite que l’Europe impose des quotas de productions aquacoles. Nous avons pris trop de retard dans ce domaine, alors que l’aquaculture est évidemment complémentaire de la pêche.

Avec Julien Denormandie, nous allons mettre en place un  Plan Aquacultures d'Avenir. Je tiens à souligner l’important travail des régions, des professionnels et des services de l'État pour construire ce plan.

Elle devrait permettre d’identifier et de lever les freins au développement de l’aquaculture en France, et portera notre action commune à horizon 2027.

Peut-on penser l’avenir sans penser transition écologique et énergétique ? Votre filière a enclenché la transition écologique depuis plusieurs années avec les efforts consentis pour exploiter les ressources à un niveau de plus en plus durable.

Je l’ai rappelé récemment en Conseil des ministres, en 2020, 60 % des poissons débarqués en France proviennent de populations exploitées durablement, contre 15 % il y a 20 ans. C’est un progrès majeur, une fierté pour le secteur pêche ! Je ne connais pas beaucoup d’autres secteurs à qui l’on a demandé autant d’efforts en si peu de temps.

Il faut toutefois maintenir vos efforts, vers une pêche plus sélective, avec des navires plus propres et plus surs. Pour cela, nous devons mettre la recherche et l’innovation au cœur de notre stratégie maritime.

C’est pour cela que je souhaite que le ministère de la Mer partage la tutelle de l’Ifremer, car il faut renforcer la connaissance des ressources halieutiques et disposer un outil au service des pêcheurs et de la filière halieutique.

Accélérer cette pêche durable, c’est aussi, et nous le savons tous, limiter les captures accidentelles de mammifères marins.

Le gouvernement est mobilisé autour de 7 engagements, pris avec les professionnels sous la forme d'une charte. Il est essentiel que chaque professionnel se mobilise.

Le respect des déclarations en mer est un impératif.

Et soyons francs, ce n'est pas le cas aujourd'hui, l'ensemble des pêcheurs doit donc rejoindre cette démarche dès l'hiver prochain.

Il en va de notre crédibilité collective.

Autre sujet, le développement des aires marines protégées, et notamment Natura 2000, un grand chantier est en cours, qui ne peut pas se faire sans vous.

Le Président de la République nous a demandé de renforcer nos objectifs de protection, soyons force de proposition afin de ne pas subir. Ainsi, afin d'objectiver l'impact des activités de pêche sur les espèces protégées, je compte sur vous pour faciliter la mise en place de ces analyses.

De manière globale, la pêche doit être force de proposition pour s’adapter et lutter contre les conséquences du changement climatique. Ces conséquences ont été bien identifiées et analysées par Gérard Romiti dans un rapport récent.

Je pense notamment à la nécessité de travailler sur les espèces envahissantes et prédatrices, comme les poulpes en Bretagne, le crabe vert chez moi, à Saint-Pierre et Miquelon, ou encore le crabe bleu en méditerranée.

Vous le savez, nous avons un autre rendez-vous important en 2022 : la France assurera la présidence du Conseil de l’Union européenne du 1er janvier au 1er juillet prochain. Ce sera l’occasion de faire avancer voire de finaliser certains dossiers, en lien avec le Parlement européen et la Commission.

Je sais que Pierre Karleskind est très mobilisé avec l’ensemble des députés de la commission pêche du parlement sur ces dossiers.

Je pense à la révision du règlement contrôle. J’ai bien en tête les enjeux de cette réforme, notamment pour l’organisation française des producteurs de thon congelé et surgelé (Orthongel) et l’Union des armateurs à la pêche de France (UAPF) avec lesquelles mes équipes travaillent sur la marge de tolérance et la pesée au débarquement.

Mais cette Présidence Française est aussi un moment crucial pour préparer la révision de la PCP. J’entends proposer avec les autres Etats membres des évolutions concrètes pour faire de nos attentes, celles de la profession, des priorités. Je pense notamment au rôle de l’évaluation scientifique, notamment du CIEM et du CSTEP.

Je pense aussi à la lutte contre la pêche illégale et le renforcement de l’application des règles de la PCP à l’international. L’Union européenne doit garantir des conditions de concurrence équitables avec les pays tiers, et renforcer son influence dans les Organisations régionales de gestion de pêche, notamment dans l’Océan Indien et en Méditerranée.

Je défendrai aussi la mise en place des mesures miroirs dans nos accords commerciaux, car il est anormal que des produits qui ne respectent pas les standards que l’on s’imposent puisse rentrer sans problème sur notre marché.

Plus largement, je veux dire que la politique commune de la pêche doit redevenir une politique au sens premier du terme ! Il faut redonner du sens à la notion politique qu’il y a derrière ce qui est devenu un concept.

Chacun son rôle, et pour moi, si la science doit être au centre du jeu,  le rôle de de la science, c’est d’éclairer les décideurs publics. Mon travail à moi est de décider, ensuite, dans l’intérêt d’une pêche durable et responsable.

***

Pour concrétiser ce travail collectif, il y a le FEAMPA qui est un outil formidable pour accélérer la transition du secteur de la pêche en permettant la modernisation et la remotorisation des navires mais aussi l’installation de jeunes pêcheurs.

Enfin, les attentes des consommateurs doivent être mieux prises en compte.

Ils achètent vos produits donc ils décident. Ils souhaitent de plus en plus disposer de produits durables, répondant à leurs attentes en terme de qualité, mais aussi de respect de l’environnement.

Le travail de France filière pêche avec la marque Pavillon France est à ce titre remarquable.

L’écolabel public « Pêche Durable », qui peine à monter en puissance, va être simplifié pour répondre aux attentes des pêcheurs et des consommateurs.

Dans la filière pêche en particulier, on peut y ajouter la notion de conditions de travail des hommes et des femmes.

L’égalité homme/femme est un sujet qu’il faut traiter. J’ai souhaité réunir au ministère des femmes pêcheurs pour les écouter. Car au-delà d’adapter les navires à la mixité, c’est toute une profession qu’il faut préparer à la féminisation.

Au-delà de ce sujet essentiel, je veux placer l’humain au cœur des activités maritimes. Je salue à ce titre le travail du service social maritime qui permet aux marins, à leurs familles, aux armements, de bénéficier d’un interlocuteur de proximité.

Je le redis, votre métier n’est pas un métier comme les autres et il n’est pas fait par des gens comme tout le monde.

Ces différences ne doivent pas faire oublier qu’un soutien, qu’une écoute, et plus, qu’un accompagnement, sont souvent essentiels.

Je souhaite maintenant terminer ce discours sur les réponses apportées à certaines de vos attentes du quotidien. Ce que nous avons appelé « les irritants ».

J’ai lancé une vaste consultation et les professionnels m’ont fait remonter de nombreuses demandes. En lien avec le Comité national des pêches, j’ai demandé à mes équipes de traiter rapidement ces problèmes.

Je pense par exemple à la révision des catégories de navigation ou au statut de l'élu.

Je ne vais pas détailler plus amplement ces irritants,  mais ma réponse c’est celle d’une meilleure administration.

C’est aussi pour cela que j’ai décidé la création de la direction générale de la mer en 2022. Je veux plus de compétences, plus de réactivité, plus de proximité.

La pêche aura ainsi un interlocuteur unique pour traiter ses dossiers. Nous serons ainsi encore plus proches de l’usager, pour poser les bases d’une maison qui évoluera avec le temps.

Cette direction s’organisera autour de 5 lignes de force transversales qui reflètent les défis du monde maritime d’aujourd’hui : l’économie bleue et l’emploi maritime, la gestion durable des ressources halieutiques, la protection des écosystèmes marins, la sécurité maritime et les territoires maritimes et leurs usagers.

La pêche française a un bel avenir devant elle, j’en suis persuadée. On le voit, les efforts des professionnels portent leurs fruits car vous avez toujours su vous adapter.

C’est votre force !

Je compte sur la relève des jeunes, formés dans les lycées maritimes du Ministère de la mer, pour perdurer ce bel héritage que vous allez leur laisser.

J’ai à ce titre noté un coordinateur des lycées maritimes pour renforcer les formations.

Je compte sur le ministère de la mer, qui perdurera après moi, pour vous accompagner et vous soutenir contre vents et marées !

Je vous remercie.